Depuis longtemps l'Abbé Guérard, curé de Longuyon (de 1851 à 1868) réclame à son évêque Monseigneur Dupont des Loges des religieuses, mais la municipalité s'y oppose fermement. Du reste, une école où l'on donne une éducation soignée existe en ville, dirigée par les soeurs Sanvoisin qui dispensent leur savoir rue de la Presle.
L'Abbé Dufour qui succède à l'Abbé Guérard demande lui aussi des religieuses dans la commune. Les soeurs Sanvoisin abandonnant l'enseignement en 1869, Monseigneur Dupont des Loges accepte finalement d'envisager une congrégation à Longuyon.
Quatre soeurs emménagent donc le 3 août 1869 dans la maison Lambert, rue Mazelle, sous la direction de la Mère sainte Stéphanie (qui sera la supérieure jusqu'en 1904).
Très sensible et bien que peu habituée à diriger un pensionnat, Mère sainte Stéphanie sait faire face aux difficultés et donne à l'établissement une certaine dimension. Pourtant elle souffre des maladresses des prêtres qui se succèdent à Longuyon et aussi de la reprise des cours à l'école Sanvoisin. De plus, elle doit faire face à l'animosité de la population locale qui goûte fort peu l'emprise de ce pensionnat confessionnel.
Les classes s'ouvrent le 10 octobre 1869 avec 8 élèves. Mais déjà le 16 juillet 1870, la guerre éclate et le pensionnat est déclaré «ambulance». Bientôt les Prussiens s'installent sur le site et les Soeurs ont fort à faire pour conserver leurs propres chambres. Toutefois, l'enseignement se poursuit malgré les avanies de la soldatesque. Les Prussiens quittent la ville en 1873.
Les difficultés continuent : l'inspecteur primaire de l'arrondissement, un certain Platteau, affiche une haine tenace à l'encontre des Soeurs. De plus, certains commerçants refusent de vendre quoi que ce soit au pensionnat, qui compte maintenant 28 élèves.
En 1874, le gouvernement exige que les écoles congréganistes aient leur siège en France, Sainte Chrétienne devient alors la Maison-Mère dont Mère Sainte Stéphanie devient la supérieure. Inattendu pour Longuyon !
Le Maire, Monsieur Comon, peu favorable à l'école, est obligé en 1882, de constater que les meilleurs résultats du certificat d'étude Primaire, viennent de Sainte Chrétienne.
Le bâtiment primitif va subir de nombreuses transformations dues à l'entrepreneur Philispart, de surcroît conseiller municipal. En 1888, un nouveau bâtiment est construit tout près de Sainte Agathe.
En 1888, la statue de la Vierge, dans la cour, est offerte par l'Abbé Jacob, aumônier.
Le Cloître est édifié en 1898 et vitré en 1899.
Mais en 1905, la loi contre les enseignements confessionnels frappe Sainte Chrétienne, tout comme elle avait atteint l'institution des Frères Saint Joseph.
Un comité anticlérical fort de 70 adhérents, soutenu par le maire, réclame le démantèlement du pensionnat. Les frères partent à Hachy, les soeurs émigrent à Torgny (deux communes de Belgique) et certaines d'entre elles vont fonder une congrégation aux Etats-Unis, dans le Dakota.
La maison de Longuyon devient asile pour les Soeurs âgées, à la demande de l'Abbé Braux arrivé en 1909.  Ainsi, en 1917, le couvent abritait 44 religieuses.
Le bâtiment est réquisitionné le 5 août 1914. Il comptera jusqu'à 700 blessés et le cimetière militaire allemand est là pour en justifier (1740 tombes). Le 17 novembre 1918, les Américains occupent le couvent jusqu'au 5 janvier 1919 alors que les cours avaient repris dès 1915... illégalement.
Fermera, ne fermera pas. Le député Ferry intervient de même que le député Mittérand (qui deviendra Président de la République) mais il faut fermer le 17 octobre 1922 et déjà circule une pétition. Rien n'y fait, les religieuses ne peuvent plus enseigner et ce sont des enseignantes laïques qui vont prendre le relais...
Arrive la deuxième guerre mondiale et là encore Sainte Chrétienne va traverser cette période avec difficultés mais vaillance. L'école est réquisitionnée par l'armée et occupée dès le 26 septembre 1939. Le 10 mai 1940, au moment de l'offensive allemande, les religieuses quittent Longuyon mais dès le début octobre cinq d'entre elles reviennent. Elles trouvent des locaux dévastés et décident de reprendre les cours après un nettoyage intensif avec une vingtaine d'élèves. En 1943, l'école compte 300 élèves dont 70 pensionnaires. Le 10 mars 1944, nouvelle fermeture de l'école en raison de bombardements alliés. Les américains à leur arrivée vont réquisitionner les bâtiments pour y loger les prisonniers allemands. Le 1er décembre 1944 les derniers militaires quittent l'école et la vie normale reprend.
D'année en année les effectifs augmentent.
L'école connaît alors une période de progrès. Le 17 octobre 1948 est créé le comité des parents d'élèves.
La rentrée de 1965 va débuter à titre expérimental une section spéciale préparant à différents concours, en particulier le concours d'entrée aux écoles d'infirmières.
La fin des années 1960  et le début des années 1970 voient un grand changement : la mixité devient effective en primaire (1968) et au collège (1971). La cour subit un véritable lifting. La mixité des élèves amène tout naturellement celle du corps professoral et au collège, on comptera jusqu'à six professeurs masculins. Les classes spéciales préparant au concours d'entrée dans les écoles d'infirmières et d'auxiliaires puéricultrices sont très fréquentées ; on y accueille même une jeune fille de Saint Pierre et Miquelon.
En 1984, une classe d'adaptation est ouverte. Elle répond aux besoins d'enfants qui éprouvent des difficultés scolaires et les aide à y remédier.
La crise économique des années 1980-1990 qui frappe le bassin de Longwy n'est pas sans répercussion sur la vie de l'école : les effectifs baissent entraînant la fermeture des classes de préparation aux concours.
En 1988, l'école ferme l'internat, mais le ramassage scolaire offre de nouvelles opportunités de recrutement des élèves. La gestion de l'école est maintenant assurée par l'OGEC, les bénévoles qui assurent cette charge le font avec rigueur et une grande compétence admirable.
Le 18 juin 1994, l'école Saint Chrétienne fête ses 125 ans d'existence à Longuyon, une histoire chargée en souvenirs et nostalgie.
L'arrivée dans le nouveu siècle amène l'école à réfléchir sur son avenir, à s'interroger sur son projet éducatif. Que peut-elle apporter de nouveau à l'accueil des enfants, à la prise en compte d'une jeunesse qui a bien changé, qui n'a plus les mêmes attentes ni les mêmes exigences. La richesse de Sainte Chrétienne réside dans le fait qu'elle accueille les jeunes dès leur plus jeune âge, ainsi l'idée même d'ensemble scolaire prend tout son sens, il adopte un logo qui devient sa marque de fabrique dès la rentrée 2002.
En novembre 2017, une dévolution de tutelle en faveur des Frères des Ecoles Chrétiennes, les Lasalliens,  s'est effectuée au sein de notre établissement, les soeurs de Sainte Chrétienne n'étant plus en mesure d'assumer leur rôle de tutelle.
Aujourd'hui, l'ensemble scolaire continue à s'orienter vers des réformes, une nouvelle perception de l'éducation définie par son projet d'établissement qui n'a de valeur qu'en évoluant régulièrement ; c'est ainsi que Sainte Chrétienne pourra écrire encore de nombreuses lignes dans son livre de souvenirs.

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